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Articles dans des revues à comité de lecture

Bouchet-Valat Milan, 2018, « Homogamie éducative et socioéconomique, niveau de développement et métropolisation dans 149 régions d’Europe », Ined, Document de travail, n°236, p. 71-90. Ined [accès libre]

À paraître en anglais comme : « Educational and Socioeconomic Homogamy, Development Level and Metropolisation Across 149 European Regions », Revue européenne des sciences sociales/European Journal of Social Sciences, 56(1).

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Indicateur privilégié de la stratification sociale, l’homogamie sociale (soit la proximité entre conjoints) a été utilisée par un courant de recherches sociologiques pour mettre à l’épreuve les théories de la modernisation et de l’industrialisation, qui affirment que le développement  s’accompagne d’un affaiblissement de la rigidité de la structure de classe et du poids de la parenté dans les destins individuels. Cet article applique pour la première fois ce questionnement à l’échelle infra-nationale à partir de données concernant 149 régions de 26 pays de l’Union européenne en 2014-2016 (Enquête européenne sur les forces de travail, Eurostat). Il montre que l’homogamie éducative et socioéconomique s’affaiblit lorsque le revenu disponible par habitant augmente, mais qu’on relève une stabilisation au-delà d’un niveau correspondant au revenu moyen des régions étudiées. Cette relation se retrouve entre régions d’un même pays, une fois tenu compte de la plus forte homogamie qui caractérise les capitales et les grande métropoles.

Bouchet-Valat Milan, 2017, « Le développement de l’emploi des femmes augmente-t-il les inégalités de salaire entre couples ? Le cas de la France entre 1982 et 2014 », Économie et statistique, 493, p. 71-90. Insee [accès libre]

Version anglaise: « Does women’s employment growth increase wage inequalities between couples? The case of France between 1982 and 2014 », Economics and Statistics, 493, p. 67-86. Insee [accès libre]

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Le développement de l’emploi des femmes a souvent été présenté comme un facteur d’accroissement des inégalités entre ménages, du fait notamment d’un renforcement supposé de l’homogamie sociale. À rebours de cette idée, une approche comptable de décomposition des inégalités montre, à partir des enquêtes Emploi de l’Insee, que les inégalités de salaire entre couples de 30 à 59 ans sont restées globalement stables entre 1982 et 2014 en France, alors qu’elles auraient augmenté si le taux d’emploi des femmes n’avait pas progressé. Cette stabilité globale recouvre deux évolutions inverses, liées au fort développement de l’emploi des femmes sur cette période : une diminution de l’inégalité de salaire entre femmes et une augmentation de la corrélation entre les salaires des conjoints au sein des couples. Toutefois, la progression quasi uniforme du taux d’emploi des femmes, quel que soit le niveau de salaire de leur conjoint, a limité l’augmentation de la corrélation entre les salaires des conjoints et évité un renforcement des inégalités de salaires entre couples.

Bouchet-Valat Milan, 2015, « Plus diplômées, moins célibataires. L’inversion de l’hypergamie de diplôme au fil des cohortes en France », Population, 70(4), p. 705‑730. Cairn [accès libre]

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L’hypergamie féminine, définie comme la propension des individus à former des couples au sein desquels la femme se trouve en infériorité par rapport à l’homme, est un phénomène largement observé. Cet article analyse la formation des premières unions à l’aide de l’enquête Étude de l’histoire familiale 1999. Les couples dans lesquels la femme est plus diplômée que son conjoint sont plus fréquents que le cas inverse en France depuis les cohortes nées à la fin des années 1950. Ce mouvement est principalement dû à l’allongement de la scolarité des femmes qui sont désormais plus diplômées que les hommes, mais va au-delà de ce qu’imposait l’évolution de la structure de la population (hypergamie relative), traduisant une modification des préférences des individus. Enfin, nous observons que le célibat définitif des femmes n’augmente plus avec leur diplôme, alors que les plus diplômées nées avant-guerre étaient fortement désavantagées sur le marché conjugal. À l’inverse, le célibat définitif des hommes non diplômés s’est accentué, signe de l’effet négatif persistant des difficultés d’insertion professionnelle sur la conjugalité masculine. Ces résultats indiquent un net recul de la norme d’hypergamie féminine en termes de diplôme – dont la portée demeure cependant incertaine.

 

Bouchet-Valat Milan, 2015, « L’analyse statistique des tables de contingence carrées - L’homogamie socioprofessionnelle en France - I. L’analyse des correspondances », Bulletin de Méthodologie Sociologique, 125, p. 65‑88.

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Technique puissante pour résumer la structure de l’association observée dans une table de contingence (aussi appelée tri croisé), l’analyse factorielle des correspondances (AFC) est bien connue des sociologues. En revanche, des méthodes dérivées de l’AFC, ou d’utilisation similaire, présentant des propriétés supérieures, sont restées jusqu’ici d’usage confidentiel en France : l’AFC sur table incomplète et les modèles log-multiplicatifs d’association. Ce premier article recourt à l’AFC classique ainsi qu’à l’AFC sur table incomplète pour étudier une table d’homogamie socioprofessionnelle (fondée sur les catégories socioprofessionnelles à deux chiffres des conjoints) issue des enquêtes Emploi de l’INSEE conduites entre 2003 et 2010. Il montre l’intérêt de donner un statut particulier aux couples endogames (dans lesquels les conjoints appartiennent exactement au même groupe), de manière à mieux représenter l’espace social.

Bouchet-Valat Milan, 2015, « L’analyse statistique des tables de contingence carrées - L’homogamie socioprofessionnelle en France II. L’apport des modèles d’association », Bulletin de Méthodologie Sociologique, 126, p. 5‑27.

SAGE Version acceptée pour publication [accès libre]

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Contrairement à l’analyse factorielle des correspondances (AFC), les modèles log-multiplicatifs d’association sont restés jusqu’ici d’usage confidentiel en France. Ce second article recourt à cette dernière technique pour étudier une table d’homogamie socioprofessionnelle (fondée sur les catégories socioprofessionnelles à deux chiffres des conjoints) issue des enquêtes Emploi de l’INSEE conduites entre 2003 et 2010. Il illustre les fortes ressemblances entre AFC et modèles d’association, tout en montrant l’intérêt de la plus grande souplesse apportée par ces derniers. Les modèles d’association offrent en effet une vision de l’espace social plus adaptée et plus aisée d’interprétation que l’AFC, notamment en donnant un statut particulier aux couples endogames (dans lesquels les conjoints appartiennent exactement au même groupe). Ils permettent aussi d’analyser spécifiquement les asymétries hommes-femmes qui s’expriment dans le choix du conjoint (hypergamie), une question essentielle que les méthodes classiques appréhendent mal.

 

Bouchet-Valat Milan, 2014, « Les évolutions de l’homogamie de diplôme, de classe et d’origine sociales en France (1969-2011) : ouverture d’ensemble, repli des élites », Revue française de sociologie, 55(3), p. 459‑505. Cairn

Tables et code    D’autres tables d’homogamie (PCS, diplôme)

Présentation des résultats sur le site SES-ENS

Tribune dans Libération

En dépit de l’intérêt de l’homogamie pour l’étude de la structure sociale, les rares études portant sur l’évolution de ce phénomène social en France présentent des faiblesses non négligeables. Cet article vise à combler ce déficit par l’étude de l’évolution de l’homogamie de diplôme, de classe et d’origine sociales (suivant la classification Erikson-Goldthorpe-Portocarero) au sein des couples cohabitants, à partir des enquêtes « Emploi » conduites par l’INSEE entre 1969 et 2011. L’homogamie a nettement diminué en termes absolus selon les trois composantes étudiées, et au-delà de ce que l’évolution structurelle de la population aurait dû impliquer. En outre, l’endogamie s’est affaiblie pour la quasi-totalité des groupes, comme l’importance des dimensions de l’espace social dans le choix du conjoint ; en particulier, la spécificité des non-diplômés, des indépendants et du monde agricole a très nettement diminué. Seule l’endogamie des diplômés des grandes écoles s’est renforcée. Ces résultats sont rapportés aux évolutions de la conscience de classe, de la ségrégation sociospatiale et des inégalités économiques.

 

Bastin Gilles, Bouchet-Valat Milan, 2014, « Media Corpora, Text Mining, and the Sociological Imagination - A Free Software Text Mining Approach to the Framing of Julian Assange by Three News Agencies Using R.TeMiS », Bulletin de Méthodologie Sociologique, 122, p. 5‑25. SAGE

In this paper, we introduce R.TeMiS, a free software solution aimed at exploring new dimensions in text mining with a particular focus on media framing analysis. R.TeMiS is especially designed to provide help in a) the automation of corpus construction and management procedures based on the use of large media content data bases, and b) the extension of the range of statistical tools available to social scientists exploring texts through R coding (one and two-way tables, time series, hierarchical clustering, correspondence analysis, geographical mapping…). A case study on the media framing of Julian Assange from January 2010 to December 2011 is conducted. It is based on the analysis of a corpus of 667 news dispatches published in English by the three top international news agencies: Agence France-Presse (AFP), Reuters and Associated Press (AP).

Bouchet-Valat Milan, Bastin Gilles, 2013, « RcmdrPlugin.temis, a Graphical Integrated Text Mining Solution in R », The R Journal, 5(1), p. 188–197.

R Journal [accès libre]

We present the package RcmdrPlugin.temis, a graphical user interface for user-friendly text mining in R. Built as a plug-in to the R Commander provided by the Rcmdr package, it brings together several existing packages and provides new features streamlining the process of importing, managing and analyzing a corpus, in addition to saving results and plots to a report file. Beyond common file formats, automated import of corpora from the Dow Jones Factiva content provider and Twitter is supported. Featured analyses include vocabulary and dissimilarity tables, terms frequencies, terms specific of levels of a variable, term co-occurrences, time series, correspondence analysis and hierarchical clustering.

 

Chapitres d’ouvrages

Bouchet-Valat Milan, Peugny Camille, Vallet Louis-André, 2016, « Inequality of Educational Returns in France. Changes in the Effect of Education and Social Background on Occupational Careers », in Bernardi Fabrizio, Ballarino Gabriele (dir.), Education, Occupation and Social Origin. A Comparative Analysis of the Transmission of Socio-Economic Inequalities, Cheltenham, Edward Elgar.

Elgar Online [Introduction en accès libre]

Version longue (Notes & Documents de l’OSC)

Résumé sur le blog Population Europe

Compte rendu sur Liens socio

Auzière Alexia, Bouchet-Valat Milan, Chevalier Martin, De Lisi Laura, Poullaouec Tristan, 2013, « Les formes de sélection des normaliens par le concours d’entrée à l’ENS Cachan », in Le Bot Florent, Albe Virginie, Bodé Gérard, Brucy Guy, Chatel Elisabeth (dir.), L’ENS Cachan : Le siècle d’une grande école pour les sciences, les techniques, la société, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, p. 315‑329.

Note critique dans Histoire de l’éducation

 

 

Thèse de doctorat

Bouchet-Valat Milan, 2015, Les rouages de l’amour et du hasard. Homogamie et hypergamie dans la France et l’Europe contemporaines : dimensions socioéconomique et d’éducation, variations et mécanismes, Thèse de Doctorat en sociologie, Paris, Institut d’études politiques de Paris, 610 p.

Résumé Manuscrit complet

Mention très honorable avec les félicitations du jury. Sous la direction de Louis-André Vallet (OSC-CNRS). Jury: Francesco Billari (University of Oxford), Philippe Coulangeon (OSC-CNRS), Brendan Halpin (University of Limerick), Éva Lelièvre (Ined), Louis-André Vallet (OSC-CNRS).

Le constat d’une persistance de l’homogamie sociale est régulièrement réitéré ; la tendance à former des couples dans lesquels la femme occupe une position inférieure à son conjoint – hypergamie féminine – est elle aussi bien documentée : l’amour est loin d’être aveugle aux distinctions sociales. Pourtant, on a un peu rapidement conclu de ce résultat majeur que ces phénomènes étaient restés stables dans le temps. Cette thèse montre, à l’aide de données de grandes enquêtes, que l’homogamie s’est nettement affaiblie du point de vue du diplôme, de la classe et de l’origine sociales au cours des quarante dernières années en France. Cette évolution va au-delà de ce que l’évolution de la structure de la population implique (homogamie relative) : la composition des couples s’est rapprochée d’une situation de choix au hasard. L’hypergamie s’est elle aussi fortement réduite, et s’est même inversée en termes de diplôme, les femmes étant désormais plus diplômées que leurs conjoints depuis l’an 2000. En conséquence, le surcroît de célibat des femmes au statut social le plus élevé, et notamment des diplômées, qui tenait à leur position défavorable sur le marché conjugal, s’est résorbé. Les variations de ces deux dimensions du choix du conjoint parmi 64 régions d’Europe dans les années 2000 sont notables. L’homogamie d’éducation est plus élevée que l’homogamie socioéconomique ; l’hypergamie est majoritaire, mais n’est pas absolument généralisée. Le degré de libéralisme culturel et d’ouverture sociale apparaît comme le principal déterminant de ces deux phénomènes. Ils sont négativement corrélés au taux d’activité féminine, mais leur lien avec les inégalités économiques est ambigu.

Recensions d’ouvrages

Bouchet-Valat Milan, 2018, « Classes européennes. À propos de C. Hugrée, É. Penissat et A. Spire, Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent, Agone », La Vie des idées, 22 janvier. Accès libre